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La SERVETTE;

Quand j'étais enfant, je n'habitais pas en Suisse. Le nom de Servette étais familier à mes oreilles. Les téléviseurs, lors de championnat de foot-ball, clamaient régulièrement ce nom "Servette", au point qu'il était devenu un leit-motif, un mythe, une fièvreuse formule magique. Genève s'exportait, pas seulement pour son chocolat, les droits de l'Homme et la ponctualité de ses montres, mais aussi pour une équipe experte en ballon rond.

Depuis j'habite ici, à côté du stade de la Servette, dans le quartier des Charmilles. Mais le "Servette", le club de la Servette, est parti à la Praille ( un autre quartier de Genève). Depuis, le football est une entreprise multinationale tout en ratissant autour du sentiment d'appartenance locale. Ici, on se méfie de ce qui fanfaronne et il n'y a plus le même engouement populaire des genevois pour un club sportif. Et puis , cela complique: Une équipe portant le nom d'un quartier installé dans un autre quartier, logé dans une grosse machine de l'industrie du foot, dévorant des sommes faramineuses... cela ne rallie pas les suffrages. Les passions sont différées. Ici, dans mon quartier, est inexorablement détruit le stade d'origine, Il fera place à un parc. Public. Qui s'en plaindra? Une nouvelle piste cyclable le long des voies de chemin de fer va permettre de relier le centre ville sans devoir circuler sur des rues destinées aux autos.

Je vais retourner voir les pompiers des Charmilles . La caserne est très proche du stade de la Servette, ou du moins de ce qui en reste, un chantier entouré de gradins. Les sapeurs-pompiers font régulièrement des exercices de simulation d'incendie pour leurs novices dans les batîments aujourdhui en ruine du stade. J'espère pouvoir photographier d'en haut de la grande échelle ce qui reste du mythe de mon enfance. Ce serait bien aujourdhui, il fait beau et clair. Et l'on voit même le Mont Blanc toisé d'une houpe vaporeuse. Mais n'est pas de sortie la grande échelle.

Un futur parc, là où il y avait un stade, là où il pourrait tout aussi bien y avoir des immeubles d'habitation. Parce qu'avec la crise du logement, partout dans le monde et en particulier, ici en Suisse, les pressions doivent être fortes pour implanter de nouveaux habitats.

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